{"id":118,"date":"2020-10-26T19:56:04","date_gmt":"2020-10-26T19:56:04","guid":{"rendered":"http:\/\/acadiploafricaine.org\/?p=118"},"modified":"2020-10-26T22:21:31","modified_gmt":"2020-10-26T22:21:31","slug":"proces-karim-wade-legalite-devant-la-loi-a-lepreuve-de-la-vox-populi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/proces-karim-wade-legalite-devant-la-loi-a-lepreuve-de-la-vox-populi\/","title":{"rendered":"Proc\u00e8s Karim WADE : l\u2019\u00e9galit\u00e9 devant la loi \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la Vox Populi"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Livre blanc sur le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Association Juristes Africains, sous l\u2019autorit\u00e9 de son Pr\u00e9sident Ex\u00e9cutif, M.Ogo SECK, Professeur de Droit et Sciences politiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Gaston Berger de Saint Louis du S\u00e9n\u00e9gal, vient de publier un Livre Blanc sur le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite, le cas Karim Wade et consorts.(1)<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture du livre blanc consacr\u00e9 au d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite montre bien le souci des r\u00e9dacteurs d\u2019\u00eatre le plus objectif possible en faisant parler les Juges et les Avocats. Les auteurs ont pris aussi le soin d\u2019indiquer des axes de r\u00e9flexion pouvant permettre d\u2019allier les exigences de la Bonne Gouvernance bien comprise et celles d\u2019une justice moderne fond\u00e9e sur des r\u00e8gles de droit inspir\u00e9es des valeurs fondamentales de la culture s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cas Karim Wade a fait d\u2019autant plus de bruits que la Soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise a craint d\u2019\u00eatre en porte \u00e0 faux avec ses croyances et son attachement visc\u00e9ral \u00e0 la justice et \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, les s\u00e9n\u00e9galais ne souhaitent pas que le lutte contre la corruption et le d\u00e9tournement des deniers publics, sources d\u2019enrichissement illicite, soit \u00e0 l\u2019origine d\u2019arrestation ou de d\u00e9tention arbitraire.<\/p>\n\n\n\n<p>La loi stipule que le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite est constitu\u00e9 lorsque la personne d\u00e9sign\u00e9e \u00ab se trouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 de justifier de l\u2019origine licite des ressources qui lui permettent d\u2019\u00eatre en possession d\u2019un patrimoine ou de mener un train de vie sans rapport avec ses revenus \u00bb. C\u2019est en application de cette loi que s\u2019ouvrait le Jeudi 31 Juillet 2014 le proc\u00e8s de Karim Wade et compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce proc\u00e8s dont la personne embl\u00e9matique est Karim Wade \u00e0 qui il a \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9 de d\u00e9tenir des ressources que les revenus tir\u00e9s des fonctions qu\u2019il a exerc\u00e9es en qualit\u00e9 d\u2019agent de l\u2019Etat ne pouvaient justifier, d\u2019\u00eatre propri\u00e9taire de biens immobiliers notamment de maisons, terrains ou immeubles \u00e0 Dakar et Paris, et d\u2019avoir un train de vie au-dessus de ses moyens raisonnablement estim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La loi stipule que le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite est constitu\u00e9 lorsque la personne d\u00e9sign\u00e9e <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p><strong><em>\u00ab se trouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 de justifier de l\u2019origine licite des ressources qui lui permettent d\u2019\u00eatre en possession d\u2019un patrimoine ou de mener un train de vie sans rapport avec ses revenus \u00bb. <\/em><\/strong><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est en application de cette loi que s\u2019ouvrait le Jeudi 31 Juillet 2014 le proc\u00e8s de Karim Wade et compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accusation est fond\u00e9e sur le fait que l\u2019accus\u00e9 n\u2019a pas pu d\u00e9montrer qu\u2019il d\u00e9tenait avant l\u2019an 2000 des ressources financi\u00e8res pouvant expliquer les faits et gestes qui lui sont reproch\u00e9s. En ce qui concerne les biens immobiliers sur lesquels Karim Wade n\u2019admet point d\u00e9tenir des droits, l\u2019arr\u00eat de renvoi pr\u00e9cise qu\u2019il est reproch\u00e9 \u00e0 lui et \u00e0 ses coaccus\u00e9s, non de d\u00e9tenir des droits r\u00e9els sur des immeubles, mais d\u2019\u00eatre les actionnaires ou les b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e9conomiques de soci\u00e9t\u00e9s qui elles \u2013m\u00eames d\u00e9tiennent des droits r\u00e9els immobiliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, il convient de souligner que le tribunal a essay\u00e9 de faire preuve de discernement dans la qualification des faits litigieux. En effet, chaque fois qu\u2019il a eu la preuve fournie par Karim Wade de l\u2019origine licite de ses biens ou de l\u2019absence de lien certain entre les biens suppos\u00e9s lui appartenir et sa personne, la CREI a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les soustraire du lot contest\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le tribunal a d\u00e9cid\u00e9 par exemple, de ne pas tenir compte d\u2019un terrain qu\u2019il a obtenu apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration d\u2019une collectivit\u00e9 locale ou celui obtenu gr\u00e2ce \u00e0 un don d\u2019un Chef religieux ou enfin a \u00e9cart\u00e9 faute de preuve tangible les sommes relatives au compte de Singapour. C\u2019est ainsi que le patrimoine litigieux de Karim Wade va finalement passer, selon la Commission d\u2019instruction de la Cour, de 700 milliards \u00e0 117 milliards de FCFA.<\/p>\n\n\n\n<p>La CREI, en conclusion d\u2019une audience qui aura dur\u00e9 plusieurs mois, allait finalement rendre sa d\u00e9cision le Lundi 23 Mars 2015 en condamnant Karim Wade \u00e0 6 ans de prison ferme assortie d\u2019une amende de 130 milliards FCFA pour enrichissement illicite.<\/p>\n\n\n\n<p>La CREI a rendu une d\u00e9cision solidement argument\u00e9e et qui peut permettre \u00e0 sa lecture, \u00e0 tout honn\u00eate citoyen de se faire une id\u00e9e du dossier de l\u2019enrichissement illicite qu\u2019elle \u00e9tait appel\u00e9e \u00e0 juger.<br>La lecture de la d\u00e9cision de la CREI nous semble montrer sans aucun doute la volont\u00e9 de l\u2019accus\u00e9 et de ses co-inculp\u00e9s de profiter de la position administrative et politique jadis occup\u00e9e par Monsieur Karim Wade pour cr\u00e9er dans leurs propres int\u00e9r\u00eats des moyens susceptibles de fonder leur enrichissement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>C\u2019est ainsi que le patrimoine litigieux de Karim Wade va finalement passer, selon la Commission d\u2019instruction de la Cour, de 700 milliards \u00e0 117 milliards de FCFA.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la constitution des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9crans dont la cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 suscit\u00e9e et organis\u00e9e par le donneur d\u2019ordre Monsieur Karim Wade, faits confirm\u00e9s par le Notaire en charge des dossiers, le refus du donneur d\u2019ordre d\u2019accepter l\u2019existence d\u2019un quelconque lien entre lui et ses entreprises, dont il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9, par ailleurs qu\u2019il est actionnaire, montrent une r\u00e9elle volont\u00e9 de dissimulation.<br>Il nous semble \u00e9vident \u00e0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9cision de la CREI que la connivence au moins entre certains des accus\u00e9s est \u00e9tablie et que l\u2019objectif de s\u2019enrichir ensemble parait ne souffrir d\u2019aucun doute.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant la difficult\u00e9 de la CREI d\u2019\u00e9tablir un lien causal direct entre le suppos\u00e9 enrichissement \u00abillicite\u00bb et les instruments, ou moyens juridiques mis en place par l\u2019accus\u00e9 pose de s\u00e9rieux probl\u00e8me. En effet l\u2019existence de Soci\u00e9t\u00e9s dans lesquelles Karim Wade serait actionnaire sinon b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique ne prouve en rien que le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement constitu\u00e9 d\u00e8s l\u2019instant qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible d\u2019\u00e9tablir un lien entre ces soci\u00e9t\u00e9s et l\u2019accumulation de richesse qui aurait pu \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de l\u2019achat des biens incrimin\u00e9s.<br>Dans la m\u00eame perspective, il nous semble l\u00e9galement difficile de faire rentrer les dons re\u00e7us par Karim Wade dans la p\u00e9riode 2000-2002 , alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas encore agent de l\u2019Etat, \u00a0dans le domaine d\u2019application de la loi sur l\u2019enrichissement illicite.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, Monsieur Karim Wade \u00e0 qui l\u2019Administration aurait d\u00e9livr\u00e9 un quitus sur l\u2019ensemble de sa gestion en qualit\u00e9 d\u2019agent de l\u2019Etat, pouvait de bonne ou de mauvaise foi arguer pour se d\u00e9fendre d\u2019avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des pratiques de l\u2019ancien Pr\u00e9sident du S\u00e9n\u00e9gal, son p\u00e8re Abdoulaye Wade, connu pour avoir fait des lib\u00e9ralit\u00e9s les plus g\u00e9n\u00e9reuses \u00e0 son entourage.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, m\u00eame si la CREI conform\u00e9ment \u00e0 la loi ne peut pas recevoir cet argument de Karim Wade, force est de constater que pour le commun des mortels s\u00e9n\u00e9galais les donations constituent une des pratiques sociales les plus ordinaires.<br>Ainsi, quand le juge refuse de consid\u00e9rer les lib\u00e9ralit\u00e9s comme pouvant fonder un patrimoine licite, sa d\u00e9cision peut \u00eatre en totale contradiction avec les attitudes et comportement de citoyens vivant dans une soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise fond\u00e9e sur des relations globalement informelles et particuli\u00e8rement sensibles aux apparences.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Cependant la difficult\u00e9 de la CREI d\u2019\u00e9tablir un lien causal direct entre le suppos\u00e9 enrichissement \u00abillicite\u00bb et les instruments, ou moyens juridiques mis en place par l\u2019accus\u00e9 pose de s\u00e9rieux probl\u00e8me. En effet l\u2019existence de Soci\u00e9t\u00e9s dans lesquelles Karim Wade serait actionnaire sinon b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique ne prouve en rien que le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement constitu\u00e9 d\u00e8s l\u2019instant qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible d\u2019\u00e9tablir un lien entre ces soci\u00e9t\u00e9s et l\u2019accumulation de richesse qui aurait pu \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de l\u2019achat des biens incrimin\u00e9s<\/em><\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cependant c\u2019est le m\u00eame Peuple s\u00e9n\u00e9galais qui, conscient de ses forces et faiblesses, a d\u00e9cid\u00e9 de manifester lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de l\u2019an 2000 son profond d\u00e9sir d\u2019\u00eatre gouvern\u00e9 autrement.<br>L\u2019Etat s\u00e9n\u00e9galais dans ce contexte , marqu\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 de la bonne gouvernance et son corollaire , la reddition des comptes ne pouvait pas ne pas tenir compte de ce que plus d\u2019un observateur a qualifi\u00e9 de \u00abdemande sociale\u00bb qu\u2019il convenait de satisfaire sans d\u00e9lai. En effet, le corps social exigeait la sanction de certains repr\u00e9sentants de l\u2019ancien r\u00e9gime renvers\u00e9 par un imposant mouvement populaire lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de Mars 2012.<br>D\u00e8s lors les critiques contre la CREI tir\u00e9es du renversement de la charge de la preuve nous semble avoir peu de pertinence dans un Monde o\u00f9 la pr\u00e9somption de culpabilit\u00e9 est la r\u00e8gle au moins depuis les attentats du 11 Septembre 2001. La port\u00e9e des contestations relatives \u00e0 l\u2019absence d\u2019un double degr\u00e9 de juridiction devant garantir la possibilit\u00e9 d\u2019appel a \u00e9t\u00e9 relativis\u00e9e d\u2019une certaine fa\u00e7on par la saisine de la Cour Supr\u00eame par Karim Wade et ses coaccus\u00e9s et par la d\u00e9cision rendue par cette haute instance judiciaire dans cette affaire.<br>Dans sa d\u00e9cision de 33 pages rendue en audience publique en date du Jeudi 20 Aout 2015, apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 recevables les pourvois de Karim Wade et consorts et joint les diff\u00e9rentes proc\u00e9dures sans avoir constat\u00e9 au pr\u00e9alable que \u00abl\u2019ensemble des moyens de cassation contenus dans les requ\u00eates tendent \u00e0 l\u2019annulation des deux arr\u00eats attaqu\u00e9s de la CREI\u00bb, la Haute Juridiction a rejet\u00e9 les diff\u00e9rentes demandes introduites par les pr\u00e9venus. Dans ce commentaire, il ne saurait s\u2019agir de revenir sur l\u2019argumentation purement technique de la Cour, mais seulement de chercher \u00e0 \u00e9clairer les fondements intellectuels du raisonnement des Juges.<br>Les auteurs de l\u2019ouvrage comme beaucoup d\u2019observateurs avertis se sont demand\u00e9s \u00e0 bon droit pourquoi la Cour Supr\u00eame a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas dissocier les p\u00e9riodes de commission des faits d\u2019enrichissement illicite reproch\u00e9s \u00e0 Karim Wade notamment celle de 2000 \u00e0 2002 alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas agent de l\u2019Etat et celle de 2002-2012 quand il occupait les fonctions officielles. &nbsp;Les juges de la Haute juridiction ont pu penser, \u00e0 cet \u00e9gard, que selon leur intime conviction les faits et gestes reproch\u00e9s \u00e0 Monsieur Karim Wade \u00e9taient intimement li\u00e9s \u00e0 son statut de fils du Chef de l\u2019Etat. Par cons\u00e9quent la non dissociation des p\u00e9riodes ne pouvait avoir aucune incidence sur la solution \u00e0 donner &nbsp;au litige. D\u00e8s lors, la Cour a pu estimer pouvoir se contenter d\u2019affirmer que la diff\u00e9rence de date not\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas \u00abcausale\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>D\u00e8s lors les critiques contre la CREI tir\u00e9es du renversement de la charge de la preuve nous semble avoir peu de pertinence dans un Monde o\u00f9 la pr\u00e9somption de culpabilit\u00e9 est la r\u00e8gle au moins depuis les attentats du 11 Septembre 2001. La port\u00e9e des contestations relatives \u00e0 l\u2019absence d\u2019un double degr\u00e9 de juridiction devant garantir la possibilit\u00e9 d\u2019appel a \u00e9t\u00e9 relativis\u00e9e d\u2019une certaine fa\u00e7on par la saisine de la Cour Supr\u00eame par Karim Wade et ses coaccus\u00e9s et par la d\u00e9cision rendue par cette haute instance judiciaire dans cette affaire.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<br>Cette conclusion un peu abrupte sans explication peut naturellement semer le doute sur l\u2019objectivit\u00e9 de la d\u00e9cision rendue, mais elle s\u2019explique par le fait que le juge s\u00e9n\u00e9galais n\u2019est pas oblig\u00e9 d\u2019exposer publiquement le raisonnement qui a motiv\u00e9 sa d\u00e9cision.<br>En effet, au S\u00e9n\u00e9gal les juges n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 d\u2019expliquer publiquement et de justifier leurs arr\u00eats \u00e0 la diff\u00e9rence des USA ou la Cour Supr\u00eame apr\u00e8s chaque d\u00e9cision publie un texte sous forme d\u2019avis qui permet \u00e0 l\u2019opinion publique d\u2019\u00eatre \u00e9difi\u00e9e sur la d\u00e9marche des Juges. Cette pratique qui garantit la transparence et l\u2019objectivit\u00e9 des d\u00e9cisions aurait pu permettre \u00e0 la plus Haute Instance Judiciaire de mieux \u00e9clairer l\u2019opinion et att\u00e9nuer le pouvoir discr\u00e9tionnaire des juges.<br>Toutefois, il convient de le souligner que, le r\u00f4le de la Cour Supr\u00eame du S\u00e9n\u00e9gal, saisie de divers recours par Karim Wade et ses coaccus\u00e9s, se limitait essentiellement \u00e0 dire le Droit tout en faisant ressortir l\u2019Esprit de la Loi. Ainsi dans son r\u00f4le d\u2019interpr\u00e8te de la Loi, la Haute Juridiction, \u00e0 l\u2019instar de la Cour Supr\u00eame des USA, construit sa politique judiciaire en tenant compte de l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise, marqu\u00e9e selon les p\u00e9riodes par une demande sociale dominante. Dans cet esprit, l\u2019av\u00e8nement de la deuxi\u00e8me alternance a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par l\u2019exigence forte de la Bonne Gouvernance qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la reddition des comptes mais comporte une seconde branche qu\u2019est la \u00abgestion sobre et vertueuse\u00bb.<br>Ainsi, en acc\u00e9dant au pouvoir, &nbsp;Monsieur Macky Sall, Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal, &nbsp;a d\u00e9cid\u00e9 de se conformer \u00e0 cette attente populaire en \u00e9rigeant la \u00ab Gouvernance sobre et vertueuse \u00bb en mode de Gouvernement. A la lumi\u00e8re de ces consid\u00e9rations, il parait \u00e9vident que la Cour Supr\u00eame gardienne des libert\u00e9s donc de l\u2019ordre public se devait d\u2019interpr\u00e9ter la loi en tenant compte de l\u2019adage Vox Populi Vox Dei.<br>Dans cette affaire Karim Wade et compagnie, la justice s\u2019est efforc\u00e9e de faire son travail en se fondant sur les tendances lourdes de l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale et surtout sur la loi et les r\u00e8glements en vigueur pour qualifier et juger les faits qui lui ont \u00e9t\u00e9 soumis par les Institutions charg\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate.<br>C\u2019est pourquoi dans la perspective de la r\u00e9forme de la CREI dont les pourfendeurs n\u2019ont d\u00e9montr\u00e9 ni l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 ni l\u2019inutilit\u00e9, il conviendra d\u2019adapter le droit aux us et coutumes du S\u00e9n\u00e9gal. L\u2019Etat doit veiller \u00e0 mettre en \u0153uvre la volont\u00e9 souveraine du peuple avec rigueur et sans fermet\u00e9 excessive tout en veillant \u00e0 trouver un \u00e9quilibre constant entre les exigences de la Justice et celles de l\u2019Ordre public. Dans cet esprit, il faudra adapter la CREI aux exigences de la bonne administration d\u2019une justice moderne tout en rassurant le corps social sur la d\u00e9termination de l\u2019ETAT \u00e0 mener jusqu\u2019au bout la lutte contre l\u2019enrichissement illicite gage d\u2019un d\u00e9veloppement et d\u2019une paix sociale durables.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong>Pr Benoit NGOM\nPr\u00e9sident d\u2019honneur de l\u2019Association des Juristes Africains (AJA)<\/strong>\nAuteur de \u00ab La Cour Supr\u00eame du S\u00e9n\u00e9gal, arbitrage d\u2019une d\u00e9mocratie en Afrique \u00ab \u00e9d. Pr\u00e9sence Africaine .Paris 1989\n1-Le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite : Livre blanc, publi\u00e9 par l\u2019Association des Juristes Africains, \u00e9ditions Librairies Juridiques Africaines ( E.L.J.A) Dakar, 2015.<\/pre>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Livre blanc sur le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite L\u2019Association Juristes Africains, sous l\u2019autorit\u00e9 de son Pr\u00e9sident Ex\u00e9cutif, M.Ogo SECK, Professeur de Droit et Sciences politiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Gaston Berger de Saint Louis du S\u00e9n\u00e9gal, vient de publier un Livre Blanc sur le d\u00e9lit d\u2019enrichissement illicite, le cas Karim Wade et consorts.(1) La lecture du livre blanc &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/proces-karim-wade-legalite-devant-la-loi-a-lepreuve-de-la-vox-populi\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Proc\u00e8s Karim WADE : l\u2019\u00e9galit\u00e9 devant la loi \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la Vox Populi<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":""},"categories":[13],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118"}],"collection":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":129,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118\/revisions\/129"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}