{"id":173,"date":"2020-12-27T17:50:36","date_gmt":"2020-12-27T17:50:36","guid":{"rendered":"http:\/\/acadiploafricaine.org\/?p=173"},"modified":"2020-12-27T19:56:14","modified_gmt":"2020-12-27T19:56:14","slug":"france-senegal-de-la-meprise-au-mepris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/france-senegal-de-la-meprise-au-mepris\/","title":{"rendered":"France-S\u00e9n\u00e9gal : de la m\u00e9prise au m\u00e9pris"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"313\" height=\"161\" src=\"http:\/\/acadiploafricaine.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Visa_refuse.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-175\" srcset=\"https:\/\/acadiploafricaine.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Visa_refuse.jpg 313w, https:\/\/acadiploafricaine.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Visa_refuse-300x154.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 313px) 100vw, 313px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans cet article le Professeur Benoit NGOM, Pr\u00e9sident Fondateur de l\u2019Acad\u00e9mie Diplomatique Africaine(ADA) et Fondateur de l\u2019Association des Juristes Africains (AJA), s\u2019interroge sur la nature de la relation entre la France et le S\u00e9n\u00e9gal en prenant comme pr\u00e9texte l\u2019octroi des visas. L\u2019auteur commence par fixer le cadre historique de cette amiti\u00e9 qui est la ville de Saint Louis, la premi\u00e8re implantation fran\u00e7aise en Afrique. De cette premi\u00e8re capitale du S\u00e9n\u00e9gal partiront sous les ordres du Gouverneur Faidherbe les premiers \u00e9l\u00e9ments de l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise d\u00e9nomm\u00e9s &lt;q&gt;tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais&lt;\/q&gt;. Ce qui fait que les S\u00e9n\u00e9galais de l\u2019arm\u00e9e dite noire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des Fran\u00e7ais blancs venus de France vont partir \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Afrique apr\u00e8s la pacification du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>Les S\u00e9n\u00e9galais qui auront fait toutes les guerres de la France vont \u00eatre par la suite \u00e0 l\u2019avant-garde de la promotion et de la d\u00e9fense de la langue fran\u00e7aise \u00e0 travers la francophonie. Pour toutes ces raisons l\u2019auteur se demande si l\u2019attitude de la France peut faire fi des devoirs que devraient lui imposer la v\u00e9rit\u00e9 historique \u00e0 l\u2019\u00e9gard du S\u00e9n\u00e9gal et si le S\u00e9n\u00e9gal a le droit de ne pas revendiquer la place qui doit \u00eatre la sienne au nom du sacrifice de ses anc\u00eatres pour la grandeur de la France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE VISA DES LAMENTATIONS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du 30 septembre au 2 octobre de cette ann\u00e9e [2019, NDLR], l\u2019Assembl\u00e9e Nationale fran\u00e7aise organise un d\u00e9bat sur l\u2019immigration. La conclusion ira vraisemblablement dans le sens du durcissement des conditions d\u2019acc\u00e8s et de s\u00e9jour des \u00e9trangers notamment de l\u2019octroi des Visas.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question de la d\u00e9livrance des visas \u00e0 destination de la France est un vrai marqueur de la nature des relations entre ce pays et ses anciennes colonies d\u2019Afrique notamment le S\u00e9n\u00e9gal. En effet, bon nombre de S\u00e9n\u00e9galais, qui depuis leur Pr\u00e9sident po\u00e8te Senghor entendait parler de la relation particuli\u00e8re entre leur pays et la France sont toujours frustr\u00e9s du traitement qui leur est impos\u00e9 pour pouvoir s\u00e9journer en France. Ces s\u00e9n\u00e9galais se sentent davantage diminu\u00e9s en voyant que leurs amis fran\u00e7ais, exempt\u00e9s de visa, peuvent de leur c\u00f4t\u00e9 se rendre au S\u00e9n\u00e9gal quand ils le d\u00e9sirent. M\u00eame les personnes les plus respect\u00e9es dans leur entourage ne sont jamais certaines de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un visa pour la France. Ainsi, dans un mouvement de d\u00e9pit, se sont \u2013ils- demand\u00e9s \u00e0 un moment pourquoi il ne fallait pas exiger des fran\u00e7ais la m\u00eame chose qu\u2019ils exigent des s\u00e9n\u00e9galais, le visa.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exemption de visa en faveur des ressortissants d\u2019un pays exprime naturellement la consid\u00e9ration, l\u2019estime&nbsp;et&nbsp;la confiance qu\u2019on a \u00e0 l\u2019\u00e9gard&nbsp;de ce pays. En cela la r\u00e9ciprocit\u00e9 dans ce domaine peut montrer&nbsp;le degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration culturelle, politique et \u00e9conomique qu\u2019il y a entre les pays concern\u00e9s. Toutefois, l\u2019exemption de visa ne d\u00e9coule pas forc\u00e9ment de l\u2019observation de la r\u00e8gle de r\u00e9ciprocit\u00e9. Un pays peut unilat\u00e9ralement proposer \u00e0 un autre pays d\u2019exempter, pour des raisons souvent \u00e9conomiques, ses ressortissants du visa.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, nous semble-t-il, dans le cas des relations entre le&nbsp;S\u00e9n\u00e9gal et la France, la non observation de la r\u00e8gle de r\u00e9ciprocit\u00e9 n\u2019est pas&nbsp;le probl\u00e8me fondamental mais plut\u00f4t les conditions d\u2019octroi du visa fran\u00e7ais. La d\u00e9livrance du visa fran\u00e7ais, \u00e0 cet \u00e9gard, doit-elle continuer \u00e0 \u00eatre&nbsp;consid\u00e9r\u00e9e comme une \u0153uvre de bienfaisance ou&nbsp;\u00eatre le reflet d\u2019une amiti\u00e9 enracin\u00e9e dans l\u2019histoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>UNE VIEILLE ALLIANCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre la France et le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019est historiquement comparable \u00e0 aucune autre en Afrique<strong>. <\/strong>En effet, la pr\u00e9sence fran\u00e7aise au S\u00e9n\u00e9gal commence \u00e0 partir du 17e si\u00e8cle&nbsp;par&nbsp;l\u2019\u00eele Saint-Louis. Ainsi, Saint -Louis est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re colonie fran\u00e7aise d\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pr\u00e9sence humaine et culturelle qui va rev\u00eatir progressivement des formes commerciales. En effet, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la coexistence des populations, marqu\u00e9e par les premiers mariages mixtes <q>\u00e0 la mode du pays<\/q>,&nbsp;commenc\u00e8rent \u00e0 s\u2019installer et \u00e0 se consolider les embryons des comptoirs commerciaux qui \u00e0 partir de Saint-Louis&nbsp;vont essaimer en Afrique occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, quand Louis Faidherbe, futur Gouverneur du S\u00e9n\u00e9gal, arrive \u00e0 Saint-Louis, sa premi\u00e8re mission fut de s\u00e9curiser les comptoirs commerciaux qui se d\u00e9veloppaient sur les c\u00f4tes africaines mais qui avaient besoin d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre les attaques venant des pays limitrophes.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa mission prit alors une nouvelle dimension&nbsp;: celle de mettre en place une arm\u00e9e d\u2019africains pour appuyer le petit contingent militaire originaire de la m\u00e9tropole. Faidherbe, avant d\u2019\u00e9largir sa mobilisation aux anciens esclaves de case, va s\u2019appuyer sur des s\u00e9n\u00e9galais de souche dont certains \u00e9taient des fran\u00e7ais&nbsp;qui cohabitaient avec&nbsp;les Fran\u00e7ais de la m\u00e9tropole. Cette nouvelle arm\u00e9e dite \u00ab noire \u00bb va \u00eatre le socle sur lequel Louis Faidherbe va b\u00e2tir en 1857&nbsp;celle dite des \u00ab tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais \u00bb qui va fonder le nouvel empire colonial fran\u00e7ais et dont certains participeront \u00e0 la guerre de 1870.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet esprit, il n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9 de dire que des S\u00e9n\u00e9galais ont contribu\u00e9 fondamentalement \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise et ont contribu\u00e9 \u00e0 la naissance et \u00e0 l\u2019expansion de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais. Ceux sont ces hommes qui auront pour mission de <strong><em>pacifier<\/em><\/strong>&nbsp;d\u2019abord le S\u00e9n\u00e9gal, leur pays d\u2019origine, en obligeant la dissidence locale&nbsp;\u00e0 partager les valeurs fran\u00e7aises. Ces consid\u00e9rations ne sont que le reflet de la r\u00e9alit\u00e9 historique en dehors de toute consid\u00e9ration morale qui pourrait sugg\u00e9rer une quelconque invitation \u00e0&nbsp;la repentance. A cet \u00e9gard, il convient de citer le Pr\u00e9sident Abdoulaye Wade qui a ressuscit\u00e9 la m\u00e9moire du Tirailleur s\u00e9n\u00e9galais et qui disait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>Il faut assumer l\u2019histoire, quelle qu\u2019elle soit. Il ne faut pas en effacer une partie parce qu\u2019elle d\u00e9range. Ceux qui font des critiques trop s\u00e9v\u00e8res vis-\u00e0-vis des tirailleurs ou des r\u00e9gimes de l\u2019\u00e9poque et de Blaise Diagne, premier d\u00e9put\u00e9 noir \u00e0 la chambre des d\u00e9put\u00e9s, qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019engagement massif des tirailleurs dans la premi\u00e8re guerre mondiale, sont des gens qui ne sont pas tr\u00e8s justes. Certains qualifient Diagne d\u2019agent de l\u2019imp\u00e9rialisme. Je pense qu\u2019ils ont tort. Pour appr\u00e9cier son apport \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Afrique, il faut le replacer \u00e0 son \u00e9poque, qui \u00e9tait une \u00e9poque de non-droit. Les Africains n\u2019avaient pas de droits. Ils \u00e9taient des sujets fran\u00e7ais. Et \u00e0 cette \u00e9poque, un homme s\u2019est singularis\u00e9 en prenant la d\u00e9fense des Noirs, c\u2019\u00e9tait Diagne. A l\u2019\u00e9poque, les S\u00e9n\u00e9galais \u00e9taient contents de voir un Noir au Palais-Bourbon d\u00e9fendre la race noire. Il se battait contre le racisme \u00bb. <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces tirailleurs, d\u2019abord originaires du S\u00e9n\u00e9gal, vont provenir au fil du temps des diff\u00e9rents pays africains et&nbsp;\u00eatre progressivement de toutes les batailles dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions&nbsp;de l\u2019Empire colonial. La d\u00e9nomination de \u00ab&nbsp;Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais&nbsp;\u00bbva toutefois faire que les s\u00e9n\u00e9galais, dans de nombreux pays qui ont connu l\u2019oppression&nbsp;coloniale, soient&nbsp;consid\u00e9r\u00e9s pendant longtemps comme des \u201cmercenaires\u201d de la France.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence des tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais dans tous ces th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration militaire est une r\u00e9alit\u00e9 historique. Cependant, est-il possible d\u2019affirmer sans h\u00e9siter qu\u2019ils avaient tous une&nbsp;conscience claire de se battre pour leur patrie&nbsp;? Toujours est-il que&nbsp;la guerre de 1914&nbsp;va changer&nbsp;la perception qu\u2019ils avaient de leur engagement dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. En effet, quand advint, \u00e0 la demande de Georges Cl\u00e9menceau, la n\u00e9cessit\u00e9 de mobiliser des troupes&nbsp;d\u2019Afrique noire pour soutenir les soldats en m\u00e9tropole, Blaise Diagne, s\u00e9n\u00e9galais et premier D\u00e9put\u00e9 noir au Palais Bourbon, comprit que la respectabilit\u00e9 future des Noirs dans l\u2019empire colonial fran\u00e7ais pouvait changer positivement si les africains acceptaient d\u2019aller se battre sur le front au nom de la France m\u00e8re patrie. Blaise Diagne r\u00e9ussit cette mobilisation \u00e0 partir du S\u00e9n\u00e9gal. Apr\u00e8s la victoire fran\u00e7aise lors de la 1ere Guerre mondiale&nbsp;une loi dite Blaise Diagne fut vot\u00e9e qui octroyait la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019ensemble des habitants des quatre communes de plein exercice du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, Rufisque, Saint-Louis, Gor\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, en&nbsp;l\u2019espace de moins d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, la 2e Guerre mondiale fut d\u00e9clar\u00e9e et les&nbsp;africains se mobilis\u00e8rent une deuxi\u00e8me fois en masse mais cette fois-ci principalement&nbsp;pour lib\u00e9rer la patrie occup\u00e9e. Ainsi, bon nombre d\u2019africains ont pay\u00e9 le prix du sang pour contribuer \u00e0 la lib\u00e9ration de la France. Blaise Diagne, lors de la mobilisation pour la Premi\u00e8re Guerre mondiale, avait pour slogan&nbsp;<em><strong>En versant le m\u00eame sang, vous gagnerez les m\u00eames droits<\/strong><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet esprit l\u2019alliance entre le S\u00e9n\u00e9gal et la France, modestie ou&nbsp;m\u00e9pris mis \u00e0 part, est tout aussi digne que celle qui unit les USA et la France. Du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, pour illustrer l\u2019amiti\u00e9 entre la France et l\u2019Am\u00e9rique, il est souvent rappel\u00e9 le&nbsp;soutien que le Marquis de la Fayette apporta aux ind\u00e9pendantistes, mais aussi&nbsp;la statue de la libert\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par Bartholdi que la France offrit au jeune \u00e9tat am\u00e9ricain sans oublier naturellement la marque&nbsp;de Pierre l\u2019Enfant dans la construction de la ville de Washington. Du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, le pacte a \u00e9t\u00e9 scell\u00e9 par le sang vers\u00e9 par leurs soldats&nbsp;durant la premi\u00e8re et la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>UNE RELECTURE DE L\u2019HISTOIRE D\u2019UNE ALLIANCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, dans cette alliance entre la France et le S\u00e9n\u00e9gal, les consid\u00e9rations racistes du si\u00e8cle pass\u00e9 vont rapidement gripper la dynamique&nbsp;qui devait sceller la fraternit\u00e9 virile entre soldats m\u00e9tropolitains et tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais. Le tocsin qui annon\u00e7ait la nouvelle relation coloniale fut Thiaroye, situ\u00e9e&nbsp;dans les Faubourgs de Dakar, dans un camp militaire de la France lib\u00e9r\u00e9e. C\u2019est ici qu\u2019un matin, des soldats qui revenaient des campagnes d\u2019Europe ont \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s parce qu\u2019ils avaient os\u00e9 r\u00e9clamer leur d\u00fb&nbsp;: leur pension militaire. Ces tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais qui revenaient triomphants du front europ\u00e9en furent mitraill\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e qu\u2019ils venaient de servir. Ces faits rest\u00e8rent longtemps peu connus de la grande masse des s\u00e9n\u00e9galais comme des fran\u00e7ais. C\u2019est le film de Semb\u00e8ne Ousmane <em>Thiaroye<\/em> qui remit en m\u00e9moire cette douloureuse histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, Thiaroye&nbsp;devait \u00eatre compris comme un avertissement qui signifiait que les Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais n\u2019avaient pas de droits \u00e0 revendiquer, que rien ne leur \u00e9tait d\u00fb par la France officielle dont ils pouvaient tout au plus solliciter la magnanimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la colonisation&nbsp;qui globalement n\u2019a \u00e9t\u00e9&nbsp;que la continuation de l\u2019esclavage sous d\u2019autres formes, va se perp\u00e9tuer avec les ind\u00e9pendances en habillant les apparences.&nbsp;Ainsi, apr\u00e8s les ind\u00e9pendances octroy\u00e9es, le pouvoir colonial r\u00e9ussit \u00e0 faire comprendre aux anciens sujets que tout ce qui \u00e9tait fait en leur faveur, l\u2019\u00e9tait parce que la puissance coloniale en avait d\u00e9cid\u00e9 ainsi et non en reconnaissance de ce qu\u2019ils avaient accompli pour la France.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;La volont\u00e9 id\u00e9ologique de placer les anciennes colonies dans une position d\u2019assist\u00e9s s\u2019inspire de l\u2019id\u00e9ologie coloniale selon laquelle les colonies&nbsp;n\u2019\u00e9taient capables de rien faire sans l\u2019aide de la France. Cette perception&nbsp;a sous-tendu toute la politique de la coop\u00e9ration internationale post ind\u00e9pendance&nbsp;fond\u00e9e sur l\u2019&lt;q&gt;aide&lt;\/q&gt;&nbsp;que l\u2019imagination populaire a longtemps assimil\u00e9 au don. A cet \u00e9gard, faut-il rappeler que quand le pont&nbsp;Faidherbe fut construit, une certaine opinion refusa de croire que ce f\u00fbt le budget de la colonie du S\u00e9n\u00e9gal qui le finan\u00e7a int\u00e9gralement et pr\u00e9f\u00e9ra soutenir que le financement avait \u00e9t\u00e9 pris en charge par la France m\u00e9tropolitaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui pensent que les anciennes colonies d\u2019Afrique ne peuvent rien apporter \u00e0 la France&nbsp;sont les m\u00eames qui sont convaincus que&nbsp;la &lt;q&gt;francophonie&lt;\/q&gt; n\u2019est qu\u2019une histoire de peuples&nbsp;mis\u00e9rables&nbsp;qui veulent se servir de la langue fran\u00e7aise pour s\u2019accrocher aux basques de la France. En v\u00e9rit\u00e9 tout ceci n\u2019est que la cons\u00e9quence d\u2019une ignorance bien partag\u00e9e. En effet, en France toute g\u00e9n\u00e9ration confondue, l\u2019histoire coloniale est globalement m\u00e9connue. Ainsi, il n\u2019est pas rare de voir des intellectuels ou responsables politiques fran\u00e7ais tenir des propos que seul le manque de connaissance de certains pans&nbsp;de leur pass\u00e9 peut expliquer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, r\u00e9cemment, des acteurs&nbsp;politiques fran\u00e7ais comme Nadine Morano et Jordan Bardella qui, apr\u00e8s avoir reproch\u00e9 \u00e0&nbsp;Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement fran\u00e7ais, ses habits peut \u00eatre par&nbsp;trop bariol\u00e9s pour eux, ont tenu \u00e0 insister sur le fait qu\u2019elle&nbsp;\u00e9tait&nbsp;d\u2019origine s\u00e9n\u00e9galaise et qu\u2019elle&nbsp;n\u2019avait&nbsp;acquis la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise que depuis trois ans. Faudrait-il rappeler \u00e0 ses d\u00e9tracteurs que Sibeth Ndiaye avec les habits qui lui sont reproch\u00e9s et sa coiffure qu\u2019ils ne sauraient voir a contribu\u00e9 incontestablement \u00e0 mener le candidat Emmanuel Macron \u00e0 la victoire&nbsp;en&nbsp;2017. Par ailleurs, cette dame dont ils \u00e9voquent la nationalit\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise vient d\u2019un pays dont bon nombre de ressortissants ont \u00e9t\u00e9 des fran\u00e7ais avant les a\u00efeux&nbsp;de certains qui, aujourd\u2019hui, se pr\u00e9tendent fran\u00e7ais de souche. En effet, faut-il rappeler que les indig\u00e8nes de l\u2019ile saint- louis et de l\u2019ile de Gor\u00e9e, au S\u00e9n\u00e9gal, se virent accorder la&nbsp;citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise&nbsp;par l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative fran\u00e7aise de la premi\u00e8re R\u00e9publique en&nbsp;1792. Ces r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais, plus g\u00e9n\u00e9reux et plus lumineux que certains de leurs concitoyens d\u2019aujourd\u2019hui, ont pos\u00e9 les grands principes qui guident la France \u00e9ternelle et ont permis \u00e0 ces s\u00e9n\u00e9galais d\u2019\u00eatre parmi les premiers citoyens fran\u00e7ais de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CONNA\u00ceTRE SES INT\u00c9R\u00caTS ET REVENDIQUER SES DROITS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au S\u00e9n\u00e9gal, comme dans la plupart des pays qui ont subi de longues p\u00e9riodes de domination, le peuple a beaucoup perdu de ses valeurs ancestrales et a fini par confondre ce qui lui est d\u00fb et ce qui lui est octroy\u00e9. Cette confusion mentale est au centre de la relation entre les peuples d\u2019Afrique noire et les anciennes puissances coloniales.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, seule la connaissance de leur histoire, de leur pass\u00e9 peut aider d\u2019abord l\u2019\u00e9lite qui gouverne \u00e0 mieux conduire leur peuple vers des destinations prometteuses et aider les masses \u00e0 mieux comprendre les discours et orientations de leurs dirigeants. En ce sen c\u2019est un imp\u00e9rieux devoir de promouvoir tout ce qui nous entra\u00eene \u00e0 croire en nous et&nbsp;\u00e0 penser par nous-m\u00eames et pour nous-m\u00eames comme nous y invitait le Pr\u00e9sident L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi, il convient de saluer la noble et opportune initiative prise par le Professeur Iba Der Thiam d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale du S\u00e9n\u00e9gal en 25 volumes et la d\u00e9cision \u00e9clair\u00e9e du Pr\u00e9sident Macky Sall d\u2019en assurer la r\u00e9alisation. La prise en compte de cette histoire, nous semble-t-il, facilitera le&nbsp;r\u00e9armement intellectuel et moral du citoyen s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019histoire contemporaine du S\u00e9n\u00e9gal la relation avec la France occupe une place particuli\u00e8re. Mais les fondements de cette alliance voire de cette amiti\u00e9 ont souvent \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s, du c\u00f4t\u00e9 de la France comme du S\u00e9n\u00e9gal, dans les ab\u00eemes manich\u00e9ennes de la p\u00e9riode coloniale qui n\u2019aura retenu que la relation entre dominateur France et domin\u00e9 S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, quand une relation ne peut pas cesser, il convient de l\u2019entretenir avec courage et lucidit\u00e9<strong>. <\/strong>Ainsi, dans sa&nbsp;relation avec&nbsp;la France, nous pensons qu\u2019il est temps que le&nbsp;S\u00e9n\u00e9gal mette en \u00e9vidence les fondements de l\u2019alliance entre les deux pays comme les tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, la contribution \u00e0 la naissance de l\u2019Empire colonial, la contribution \u00e0 la lib\u00e9ration de la France sous la domination nazie et enfin, son r\u00f4le dans la consolidation de la position diplomatique de la France dans les relations internationales contemporaines. En effet, le S\u00e9n\u00e9gal a jou\u00e9 un r\u00f4le remarquable pour consolider le bloc francophone africain&nbsp;autour de la France. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e, le Pr\u00e9sident Abdou Diouf a apport\u00e9 une contribution inestimable au monde francophone en faisant de l\u2019organisation de la coop\u00e9ration&nbsp;francophone une Organisation internationale dont la voix compte de plus en plus&nbsp;sur certains probl\u00e8mes internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour toutes ces raisons, la diplomatie s\u00e9n\u00e9galaise ne devrait plus&nbsp;se contenter des relations de condescendance avec son homologue fran\u00e7aise notamment dans la&nbsp;d\u00e9livrance des visas fran\u00e7ais aux s\u00e9n\u00e9galais. En effet, le Visa exprime d\u2019une mani\u00e8re forte la nature des relations entre deux pays.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi, dans l\u2019affaire des visas fran\u00e7ais, en r\u00e9alit\u00e9, le probl\u00e8me de fonds est moins le nombre visas accord\u00e9s chaque ann\u00e9e que&nbsp;le fait d\u2019avoir introduit dans cette affaire une dimension d\u2019al\u00e9as qui ne devrait pas avoir&nbsp;sa raison d\u2019\u00eatre. Ce n\u2019est pas une question comptable mais psychologique. En effet, le S\u00e9n\u00e9galais&nbsp;qui a rempli toutes les conditions requises et qui demande un visa n\u2019a pas la certitude de l\u2019avoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi a-t-on pu s\u2019inqui\u00e9ter de savoir si des parents s\u00e9n\u00e9galais d\u2019enfants fran\u00e7ais&nbsp;vivant en France, des Professeurs d\u2019universit\u00e9 internationalement connus, parfois d\u2019\u00e9minentes personnalit\u00e9s&nbsp;du pays allaient recevoir leur visa qu\u2019ils ont&nbsp;demand\u00e9. Le comble est que ces inqui\u00e9tudes se trouvent tr\u00e8s souvent fond\u00e9es quand ces personnes se heurtent \u00e0 un refus de d\u00e9livrance de visa sans explication.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, Il est possible de citer le refus de visa \u00e0 une \u00e9minente&nbsp;personnalit\u00e9 intellectuelle africaine qui&nbsp;avait tellement irrit\u00e9 un des anciens Pr\u00e9sidents du S\u00e9n\u00e9gal qu\u2019il&nbsp;d\u00e9cida de lui octroyer un passeport diplomatique qui l\u2019exemptait du visa fran\u00e7ais. Mais, il faut en convenir, un tel geste quoique noble&nbsp;&nbsp;ne&nbsp;r\u00e8gle pas le&nbsp;&nbsp;probl\u00e8me mais ne fait que&nbsp;&nbsp;contourner la difficult\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on ponctuelle. En effet, le gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal doit veiller \u00e0 tout mettre en \u0153uvre pour garantir la libert\u00e9 de circulation \u00e0 tous ses citoyens qui en ont la possibilit\u00e9 et \u00e9viter de les laisser \u00e0 la&nbsp;&nbsp;&nbsp;merci de la libre appr\u00e9ciation voire l\u2019arbitraire des fonctionnaires des consulats de France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>REDYNAMISER UNE&nbsp;COOP\u00c9RATION SANS COMPLEXE<\/strong> <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune Pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron, apr\u00e8s avoir admis la n\u00e9cessit\u00e9 de rendre aux africains les objets d\u2019art qui leur avait \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9 du fait de l\u2019ordre colonial, a lanc\u00e9 un appel lors du 70 e anniversaire du d\u00e9barquement en Provence aux Maires de France pour que des places et&nbsp;des monuments rappellent le souvenir de la contribution des africains \u00e0 la lib\u00e9ration de la France sous l\u2019occupation nazie. Ceci devait se faire, selon lui, en consid\u00e9ration du pacte scell\u00e9 dans le sang par les combattants fran\u00e7ais et africains.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, l\u2019Afrique doit assumer ses responsabilit\u00e9s historiques. Nous pensons qu\u2019il appartient aussi aux africains de prendre des initiatives qui honorent leurs morts, qui donnent \u00e0 leur jeunesse le sens et la signification de l\u2019engagement et de la mort de leurs anc\u00eatres qui ont combattu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la France dans les diff\u00e9rentes guerres qu\u2019elle a men\u00e9es. Les africains doivent avoir le courage de prendre en charge leur destin. Il est temps que leurs responsables s\u2019assument pleinement et cessent de se d\u00e9fausser sur l\u2019ancienne puissance coloniale. Qui a emp\u00each\u00e9 aux africains d\u2019honorer leurs anc\u00eatres morts en France pendant les deux guerres mondiales&nbsp;? Pourquoi, \u00e0 notre connaissance, aucun monument digne du sacrifice consenti par ces anc\u00eatres tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais n\u2019a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti dans un pays africain depuis l\u2019accession de nos pays \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale ? Ainsi l\u2019appel du Pr\u00e9sident Macron doit avoir comme pendant les initiatives que le S\u00e9n\u00e9gal est en devoir de prendre pour comm\u00e9morer la m\u00e9moire des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais partis mourir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en \u00e9difiant au S\u00e9n\u00e9gal un monument pouvant s\u2019inspirer du Vietnam Memorial Veteran&nbsp;qui, \u00e0 Washington, honore les combattants Blancs, Jaunes et Noirs de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine morts au Vietnam.<\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal doit assumer la sp\u00e9cificit\u00e9 de sa relation historique avec la France et par cons\u00e9quent son r\u00f4le dans l\u2019histoire de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais en poussant sa diplomatie \u00e0 faire plus de place au souvenir comme fondement de certaines de ses initiatives. Ainsi, la statue de Demba et Dupont, devant la gare d\u2019o\u00f9 partiront les&nbsp;TER fleuron de la haute technologie fran\u00e7aise au service des citoyens s\u00e9n\u00e9galais, est un symbole de ce que cette amiti\u00e9 peut donner. Cette statue&nbsp;magnifie la fraternit\u00e9 virile entre deux anciens combattants europ\u00e9ens et africains dans une parfaite \u00e9galit\u00e9 d\u2019apparence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet esprit, le Pr\u00e9sident Macky Sall doit conduire le S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 assumer sa responsabilit\u00e9 historique par rapport \u00e0 nos autres fr\u00e8res d\u2019Afrique afin que le pays berceau des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais soit&nbsp;\u00e0 l\u2019avant-garde de la promotion et la sauvegarde de notre m\u00e9moire historique.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong>Pr. Benoit NGOM<\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>Abdoulaye WADE :<\/strong> <em>Assumer l\u2019histoire, quelle qu\u2019elle soit<\/em>, Interview le Monde hors-s\u00e9rie Novembre 2018<\/li><li><strong>Iba Der THIAM :<\/strong>\u00a0Coordonnateur du Comit\u00e9 de r\u00e9daction de\u00a0l\u2019<em>Histoire G\u00e9n\u00e9rale du S\u00e9n\u00e9gal<\/em>, HGS Editions<\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article le Professeur Benoit NGOM, Pr\u00e9sident Fondateur de l\u2019Acad\u00e9mie Diplomatique Africaine(ADA) et Fondateur de l\u2019Association des Juristes Africains (AJA), s\u2019interroge sur la nature de la relation entre la France et le S\u00e9n\u00e9gal en prenant comme pr\u00e9texte l\u2019octroi des visas. L\u2019auteur commence par fixer le cadre historique de cette amiti\u00e9 qui est la ville de Saint Louis, la premi\u00e8re implantation fran\u00e7aise en Afrique. De cette premi\u00e8re capitale du S\u00e9n\u00e9gal partiront sous les ordres du Gouverneur Faidherbe les premiers \u00e9l\u00e9ments de l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise d\u00e9nomm\u00e9s <q>tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais<\/q>. Ce qui fait que les S\u00e9n\u00e9galais de l\u2019arm\u00e9e dite noire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des Fran\u00e7ais blancs venus de France vont partir \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Afrique apr\u00e8s la pacification du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":""},"categories":[1],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173"}],"collection":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=173"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173\/revisions\/189"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/acadiploafricaine.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}